Interdire l’intelligence artificielle au travail serait contre-productif

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Les responsables de la sécurité informatique des entreprises seraient de plus en plus préoccupés par la manière dont les employés utilisent l'intelligence artificielle. Et pour cause : ceux-ci ont recours à des outils qui ne sont pas fournis par leurs employeurs, ce qui n'est pas sans poser certains problèmes.

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Vous utilisez peut-être déjà des outils d'IA pour le travail. Comme ChatGPT, par exemple, pour résumer rapidement un long compte rendu. Puis, vous avez partagé l'astuce avec un collègue, qui l'a lui-même montrée à un autre. Et hop, en quelques jours, tout le monde au bureau utilise l'IA, sans vraiment en parler à un supérieur, histoire de ne pas provoquer de remous. Mais voilà : si tout ceci semble anodin depuis votre bureau, la situation est moins réjouissante du point de vue du service informatique.

Le phénomène a d'ailleurs déjà reçu un nom dans le monde professionnel : le « shadow AI », à savoir l'usage d'outils employés en dehors de tout cadre validé par l'entreprise, souvent depuis un compte personnel. Selon une tribune de Martin Tombs, directeur technique chez Qlik, un éditeur de logiciels d'analyse de données, 90 % des patrons seraient confiants dans leur capacité à savoir quels outils d'IA circulent au sein de leurs effectifs. Mais dans le même temps, 52 % des salariés avoueraient en utiliser sans autorisation.

S'inspirer plutôt qu'interdire ?

Le risque tient moins à la fiabilité des résultats de ces outils qu'à ce qu'on leur confie. Car en faisant analyser un contrat ou une base clients par un service tiers, l'entreprise perd toute gouvernance sur ces données. En cas de problème, impossible de savoir qui a fait quoi, où, comment et quand. La situation devrait même se compliquer encore plus avec la démocratisation d'outils capables non seulement de produire du texte, mais aussi d'enchaîner des actions en toute autonomie, sans intervention humaine.

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La réaction spontanée serait d'interdire l'usage de l'intelligence artificielle en dehors du cadre défini par l'entreprise. Mais tout ceci pourrait être contre-productif, toujours selon Martin Tombs : les salariés se tournent vers ces outils parce que ceux qui leur sont fournis sont compliqués d'accès ou mal adaptés à leur travail.

Tout interdire pousserait simplement la pratique davantage hors des radars. Un chiffre résumerait d'ailleurs très bien l'état d'esprit ambiant du côté des cols blancs : trois quarts d'entre eux se diraient prêts à changer d'entreprise pour une meilleure formation à ces outils.

Il serait donc de bon aloi, pour les chefs d'entreprise, de regarder de plus près ce que leurs employés utilisent dans leur coin. Ils y trouveraient sans aucun doute quelques bonnes idées, et éviteraient dans le même temps de perdre la matière grise dont ils ont encore besoin.

Source : TechRadar

publié le , Maxence Glineur de Humanoid

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