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La sonde New Horizons détecte des remontées d’azote liquide à la surface de Pluton

temps de lecture 3 minutes

D’étranges traces sombres observées à la surface de Pluton pourraient avoir été laissées par de l’azote liquide remontant des profondeurs. Une découverte qui suggère que des écoulements liquides ont pu se produire récemment sur la planète naine.

Crédits : NASA/Johns Hopkins APL/Southwest Research Institute

Située à des milliards de kilomètres du Soleil, Pluton subit des températures glaciales avoisinant les - 230 °C. Malgré ce froid extrême, la planète naine est loin d’être un monde mort.

Sa surface présente effectivement de nombreux signes d’une activité géologique relativement récente. C’est notamment le cas de Sputnik Planitia, un immense glacier principalement composé d’azote gelé situé dans Tombaugh Regio, la célèbre région en forme de cœur de Pluton.

Les premiers indices d’écoulements liquides récents sur Pluton

En analysant les images de cette région capturées par la sonde New Horizons de la NASA, des chercheurs américains se sont intéressés à plusieurs marques sombres visibles à la surface du glacier.

Crédits : NASA/Johns Hopkins APL/Southwest Research Institute

Selon leur étude, de l’azote liquide remontant depuis les profondeurs de Sputnik Planitia et s’écoulant brièvement à la surface de la planète pourrait être à l’origine de ces formations. Ces traces seraient ainsi les premiers indices d’écoulements liquides récents sur Pluton.

Comme le dit le Dr Alan Stern, chercheur principal de la mission New Horizons, ce résultat « suggère que des liquides ont récemment fait leur apparition à la surface de Pluton, mais il met également en évidence un nouveau type de formation évoluant au fil du temps sur la planète naine ».

Des similitudes étonnantes avec les glaciers terrestres

Les chercheurs ont également comparé les marques observées sur Sputnik Planitia avec des formations présentes sur les glaciers terrestres. En analysant des images capturées par le satellite Landsat 9 de la NASA, notamment au Groenland, ils ont constaté que de fines traces sombres peuvent apparaître lorsque de l’eau liquide entre en contact avec la neige ou la glace.

Comme les formations visibles sur Pluton présentent d’importantes similitudes avec ces structures terrestres, cela renforce l’hypothèse de l’azote liquide qui pourrait remonter depuis les profondeurs de Sputnik Planitia avant d’humidifier temporairement sa surface.

Des simulations informatiques permettent d’ailleurs d’expliquer comment un tel phénomène pourrait se produire. Épais de plusieurs kilomètres, le glacier de Sputnik Planitia pourrait abriter à sa base des conditions permettant à une partie de l’azote gelé de fondre.

Un mécanisme qui pourrait exister sur d’autres mondes glacés

Sous l’effet de la pression ou de la flottabilité, cet azote liquide pourrait ensuite remonter à travers d’étroits conduits jusqu’à la surface. Il y resterait sous forme liquide suffisamment longtemps pour s’écouler sur une courte distance et laisser derrière lui les marques sombres observées par New Horizons.

Pour le moment, aucune autre région de Pluton ne présente de traces similaires. Néanmoins, plus de la moitié de la surface de la planète naine n’a pas encore été cartographiée avec une résolution suffisante pour exclure l’existence de tels phénomènes ailleurs.

De futures observations devraient donc permettre d’en apprendre davantage sur le comportement de l’azote dans ces conditions extrêmes. Ce mécanisme pourrait également aider à expliquer certains phénomènes observés sur d’autres mondes glacés du Système solaire.

Source : The Planetary Science Journal

publié le , Auriane Polge de Humanoid

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