La Chine prépare son premier vol orbital avec un lanceur réutilisable
Alors que SpaceX enchaîne les déconvenues avec son Starship depuis le début de l'année, la Chine entame son programme de lanceurs à usage multiple. Après des années de développement, les premiers tests devraient arriver dans quelques mois.

C'était il y a à peine un an : la Chine réussissait à faire bondir une fusée à 12 kilomètres d'altitude, avant de la récupérer saine et sauve, au sol, six minutes plus tard. Depuis, les ambitions de l'agence spatiale chinoise sont restées intactes, et d'après SpaceNews, la prochaine étape serait très proche.
Cette fois-ci, il s'agirait d'un vol orbital qui se terminerait par la récupération du lanceur. Deux fusées font actuellement l'objet de tests en vue de cette prouesse technologique. La Longue Marche 12A, développée par deux entreprises publiques détenues par le gouvernement, et la Zhuque-3 signée par la start-up de Pékin, LandSpace, basée sur l'architecture de la Falcon 9 de SpaceX mais qui n'a encore jamais volé. Il se pourrait que les deux lanceurs mettent en place leurs premiers vols de test avant la fin de l'année.
Deux fusées bientôt réutilisables ?
Si cela se confirmait, le retour au sol aurait lieu pile dix ans après le premier succès de ce type réalisé par SpaceX, qui avait pu faire atterrir sa Falcon 9 sur le sol pour la première fois le 22 décembre 2015. Une étape historique qui avait signé le début d'un grand bouleversement du marché, avec des lancements plus fréquents et moins chers.
D'ailleurs, la Chine n'a jamais caché ses ambitions en la matière et a souvent communiqué sur ses succès à propos de ses projets de fusées réutilisables. Récemment, elle a mis en avant plusieurs tests plus ou moins concluants pour sa Longue Marche 12A. D'abord, un essai en altitude en janvier, dont l'ascension s'était bien déroulée, mais sans aucune information sur la descente (ce qui peut signifier un échec au moins partiel). Puis un test statique le 23 août, qui pourrait être une étape décisive avant de se lancer dans un vol orbital.
Du côté de la Zhuque-3, là aussi les progrès ont été significatifs. En juin, un test statique des 9 moteurs s'était déroulé sans accrocs, et le fondateur de l'entreprise LandSpace a même déclaré qu'il s'attendait à un vol d'ici novembre, au plus tard. L'entreprise dispose de toutes les installations, ainsi que d'une zone destinée à récupérer les étages pour pouvoir s'en servir de nouveau.
Le début d'une nouvelle ère
Comme le souligne SpaceNews : « Aucune planification officielle pour un lancement de la première Longue Marche 12A n'a été publiée ». Ce qui signifie que tout repose sur des indices, des sous-entendus et les quelques données disponibles à propos des pas de tirs et des tests précédents.
Justement, un nouveau pas de tir a été construit à l'est du territoire et l'ensemble de l'installation serait capable, à terme, d'accueillir jusqu'à une centaine de lancements par an. Ce qui serait cohérent avec une augmentation de la cadence grâce à des lanceurs réutilisables.
En outre, le secteur privé chinois est également en plein essor avec iSpace qui développe un autre lanceur en partie réutilisable, l'Hyperbola-3, mais aussi Galactic Energy, Deep Blue Aerospace ou Space Pioneer qui mettent en avant des projets similaires, bien que moins avancés.
Si ces fusées finissent bel et bien par voler et par être réutilisées à plusieurs reprises, cela serait une avancée considérable pour la Chine qui a de grandes ambitions, notammentconcernante les constellations de satellites. La Longue Marche 12A pourrait placer 6 000 kg de charge utile en orbite basse, contre 18 300 pour la Zhuque-3. Par comparaison, la Falcon 9 peut embarquer jusqu'à 22 800 kg de charge utile, une différence sensible, mais qui reste dans le même ordre de grandeur. Une fois la première fusée récupérée après un vol orbital, la cadence de lancement risque d'augmenter significativement en Chine.
publié le , Hugo Ruher de Numerama


