Test Marshall Stanmore IV : plus qu’une enceinte Bluetooth, une vraie enceinte de salon

article partenaire 

Avec la Stanmore IV, Marshall ne se contente pas de rafraîchir son enceinte de salon, le fabricant lui offre une vraie montée en gamme. 110 W d'amplification, Bluetooth 5.3 avec LDAC, entrée RCA pour la platine vinyle, et une signature sonore plus sophistiquée que jamais. On l'a mesurée, écoutée, poussée dans ses retranchements.

Marshall renouvelle sa gamme d'enceintes Bluetooth résidentielles. Des enceintes branchées sur secteur, conçues pour être écoutées dans un salon ou une chambre, avec des haut-parleurs plus gourmands en énergie, capables d'un son plus dense et plaisant. La Stanmore, c'est l'étage du milieu, plus grosse que l'Acton, plus raisonnable que la Woburn.

La Stanmore IV est la quatrième itération du modèle et les changements sont majeurs. 110 W d'amplification, un évent bass-reflex redessiné, des tweeters à guide d'ondes, le Bluetooth 5.3 avec LDAC et l'Auracast, et une fonction d'ajustement automatique du son pour produire un équilibre constant, quel que soit le volume. Sur le papier, c'est une mise à jour particulièrement importante pour la gamme Stanmore.

  • L'enceinte Bluetooth résidentielle Marshall Stanmore IV // Source : Tristan Jacquel

  • Source : Tristan Jacquel

  • Source : Tristan Jacquel

  • Le tube-évent bass-reflex pour amplifier le grave est sous l'enceinte // Source : Tristan Jacquel

  • Source : Tristan Jacquel

  • La réponse en fréquences de la Marshall Stanmore IV, à faible volume (courbe bleue) et à volume maximal (courbe rose) // Source : Tristan Jacquel

  • La connectique de l'enceinte Marshall Stanmore IV // Source : Tristan Jacquel

  • La Marshall Stanmore IV sous l'Acton // Source : Tristan Jacquel

Spécifications techniques

Modèle Marshall Stanmore IV
Dimensions 35 cm x 18,5 cm x 20,3 cm
Puissance sonore 110 watts
Microphone intégré Inconnu
Version du Bluetooth 5.3
Poids 3990 grammes
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec une enceinte prêtée par Marshall.

Un look qu'on reconnaît au premier coup d'œil

Le format est carré, ramassé, inspiré des amplis de la maison. La face avant est habillée d'un tissu acoustique tressé poivre et sel, pas de la grille métallique des enceintes nomades de la marque, conçue pour encaisser les chocs. C'est classe, sobre, ça fait « objet qu'on a envie d'exposer ». D'ailleurs, Marshall indique que l'enceinte est conçue et développée en Suède ; la marque y possède bien son bureau d'études pour sa gamme résidentielle, ce qui explique sans doute ce côté design nordique de la face avant.

Le reste du châssis est recouvert d'un PVC imitation cuir grainé, convaincant au toucher. Et puis il y a cette plaque supérieure, couleur laiton, de l'aluminium anodisé plutôt que du laiton véritable, mais l'effet est là. C'est sur cette plaque que tout se passe.

Le plateau de commandes et ses boutons

Sur le dessus, on retrouve la panoplie complète de commandes physiques :

  • Un bouton de volume rotatif, gradué de 0 à 10, souple et cranté
  • Deux molettes pour ajuster les basses fréquences et les aigus, également graduées de 0 à 10
  • Un bouton de mise sous tension à bascule, qui reprend le design des interrupteurs d'amplis de guitare Marshall. Le clic est massif.
  • Un media jog pour gérer la lecture (pause, piste suivante, piste précédente) sans sortir le téléphone
  • Un bouton M personnalisable, qui lance votre playlist (Spotify Tap) ou votre réglage d'égalisation favori d'une pression
  • Un bouton Source avec trois voyants : Bluetooth, AUX mini-jack et RCA (sous l'enceinte)
  • Et une entrée mini-jack 3,5 mm directement sur le plateau.

À l'arrière... rien, ou presque. L'alimentation secteur et l'entrée RCA ont été déportées sous l'enceinte, avec l'évent bass-reflex. L'idée : des câbles invisibles et la possibilité de coller l'enceinte au mur sans dégrader le son en bouchant le tube de sortie des basses fréquences. C'est malin pour l'intégration.

Côté dimensions, la Stanmore IV mesure 350 × 203 × 185 mm pour 3,99 kg. C'est clairement une enceinte de meuble ou d'étagère.

La Stanmore IV n'est pas résistante à l'eau : pas de certification IP. C'est une enceinte d'intérieur, point.

Enfin, petit mot sur la durabilité : le coffret est en MDF certifié FSC, l'enceinte contient 16 % de matériaux recyclés, et les boutons, pieds et grille sont disponibles en pièces détachées.

Design interne : un vrai deux voies de salon

Sous le tissu, la Stanmore IV embarque une configuration deux voies, avec des transducteurs dédiés aux sons graves et aigus :

  • Un woofer de 13 cm dédié au grave, servi par une amplification de 60 W
  • Deux tweeters de 1,9 cm montés sur guides d'ondes, amplifiés par 2 × 25 W.

Soit 110 W au total, contre environ 80 W sur la Stanmore III. Les guides d'ondes, c'est la nouveauté clé : ils élargissent la dispersion des aigus pour élargir la scène sonore et couvrir la pièce plus uniformément.

Le tube-évent bass-reflex (qui sert à renforcer les basses fréquences), lui, a été redessiné avec une forme plus aérodynamique pour améliorer la circulation de l'air et réduire le bruit de souffle à haut volume.

Marshall annonce une réponse en fréquence de 36 Hz à 38 000 Hz et un niveau maximal de 97 dB SPL à 1 mètre. Des chiffres que nos mesures vont venir confirmer, on y revient plus loin. Mais pour contextualiser, 36 Hz est un grave très profond, façon salle de cinéma, tandis que les 38 kHz couvrent les sons aigus au-delà des limites de l'audible. Quant aux 97 décibels, c'est un niveau sonore qui interdit de tenir une conversation pendant qu'on écoute l'enceinte à pleine puissance.

L'application se muscle, le Bluetooth passe la cinquième

Grosse évolution cette année : la Stanmore IV passe au Bluetooth 5.3 et ajoute le LDAC, le codec haute résolution de Sony, en plus du SBC et de l'AAC. Elle embarque aussi le LC3 et l'Auracast, ainsi que le multipoint pour rester connectée à deux sources à la fois.

L'Auracast, concrètement, permet d'intégrer la Stanmore IV à une configuration multi-enceintes synchronisées avec d'autres modèles Marshall compatibles. Les propriétaires de Stanmore III ou d'Acton III ne sont pas laissés de côté : le hub Heddon de Marshall (199 euros) permet de les intégrer à la diffusion. Ce n'est pas du multiroom Wi-Fi à la Sonos, mais c'est un vrai pas vers la maison connectée.

L'application Marshall : placement, EQ, bouton M

L'application Marshall permet toujours les mises à jour de l'enceinte, et on retrouve les réglages graves/aigus doublés de préréglages d'égalisation personnalisables (5 bandes), assignables au bouton M. On a largement de quoi faire pour ajuster le son à ses goûts.

La fonction vraiment utile, c'est toujours la compensation de placement : une enceinte posée au bord d'un meuble, collée à un mur, calée dans un coin ou posée au sol ne sonne pas pareil qu'une enceinte libre au milieu d'une étagère. Dans l'application, on indique où est posée la Stanmore IV, et l'électronique adapte la restitution. Avec l'évent désormais placé sous l'enceinte, le placement contre un mur est beaucoup moins pénalisant qu'avant.

Une balance tonale qui évolue

La signature sonore évolue selon le volume d'écoute. Moins on écoute fort et plus l'enceinte génère basses fréquences, afin de compenser notre faible sensibilité aux sons graves à faible volume. Cette Dynamic Loudness fonctionne automatiquement, sans qu'on puisse la désactiver et ce n'est vraiment pas gênant. À la rigueur, si l'on trouve que l'enceinte est trop généreuse en basses fréquences, on peut tourner le potentiomètre de graves pour ajuster à ses goûts.

La signature d'une enceinte hi-fi

J'ai mesuré la Stanmore IV à deux niveaux d'écoute : la courbe rose correspond à un volume élevé (le pic à 97 dB rejoint exactement le SPL maximal annoncé par Marshall), la courbe bleue à un volume modéré. Ces deux courbes témoignent du soin apporté par la marque.

Le grave : ça descend, et ça tient. En dessous de 40 Hz, la courbe plonge, mais à 40 Hz, le niveau est encore très élevé. L'extension annoncée à 36 Hz est bien réelle : il y a de l'infra-grave dans cette enceinte, ce qui est remarquable. On monte ensuite vers un large sommet autour de 80-100 Hz : c'est lui qui donne l'impact, le punch. Le grave de la Stanmore IV n'est pas un grave d'enceinte nomade, il est très supérieur : il descend, pèse et frappe.

Le médium : solide et projeté. Entre 200 et 700 Hz, le plateau est régulier, avec de légères ondulations mais une tendance parfaitement tenue : pas de masquage, pas de creux. Puis, après un léger repli vers 900 Hz, on observe un pic de présence autour de 1 500-1 800 Hz, le point le plus haut de la courbe à fort volume. C'est lui qui fait porter les voix, qui donne de l'articulation et de la lisibilité au message sonore. Les voix ne sont pas noyées dans le grave : elles sont devant, présentes, vivantes.

L'aigu : lissé, jamais agressif. De 2 à 6 kHz, la courbe descend progressivement, puis marque un vrai creux vers 6-7 kHz. C'est la zone des sibilances, des « s » qui sifflent, de l'agressivité. En la maintenant sous contrôle, Marshall obtient un aigu doux, soyeux, non fatigant, même à fort volume. Et pour ne pas tomber dans l'excès inverse, un son mat, éteint, une bosse de brillance vers 12-15 kHz vient remettre de l'air, du contour, du détail dans les cymbales et les harmoniques. C'est elle qui fait que le son « respire ».

Deux volumes, deux équilibres : le Dynamic Loudness en action. Comparez les deux courbes : à volume modéré (bleue), le grave et l'extrême aigu sont nettement renforcés par rapport au médium, c'est la compensation de la sensibilité de l'oreille, le fameux effet loudness. À volume élevé (rose), l'équilibre se recentre : le grave reste puissant mais l'extrême grave est légèrement contenu pour protéger le woofer, et l'aigu reste en retrait pour ne jamais devenir agressif. Résultat : à tous les volumes, l'impression d'équilibre est là. C'est exactement ce que promet Marshall, et c'est mesurable.

Puissance et tenue : 97 dB, et de la marge

Avec ses 110 W et son woofer de 13 cm, la Stanmore IV atteint 97 dB à 1 mètre en pointe. C'est énorme pour une enceinte de cette catégorie, et ça change tout : là où une Acton III commence à souffler dans un grand salon, la Stanmore IV garde de la marge. Le grave reste tendu, l'aigu propre, la dynamique intacte. L'évent redessiné fait son travail : pas de souffle audible, pas de traînage, même poussée fort.

Scène sonore : enfin de l'ampleur

Les tweeters à guides d'ondes ne sont pas qu'un argument marketing. La scène sonore de la Stanmore IV est nettement plus large que celle de la génération précédente et que celle d'une Acton. Le son déborde du coffret, il y a une vraie largeur, une sensation d'espace qui s'installe dans la pièce. On reste sur un monobloc, on n'aura jamais la largeur de deux enceintes espacées de trois mètres, mais pour la première fois sur une enceinte Marshall de cette gamme, on oublie régulièrement qu'on écoute une seule boîte.

Pour quelles pièces ?

La Stanmore IV est taillée pour les vrais salons : 25 à 40 m². C'est là qu'elle a du sens, c'est là qu'elle remplace sans rougir un petit système hi-fi. Dans une chambre ou un bureau de 12 m², elle fonctionnera très bien, mais sera à l'étroit et vous n'exploiterez jamais sa réserve de puissance. Dans cette configuration, l'Acton IV est plus indiquée.

Impressions d'écoutes

Quelques morceaux pour situer le rendu :

« Not Like Us », Kendrick Lamar. Le kick est dense, profond, et surtout tenu. La basse synthétique descend avec une autorité digne d'une enceinte de bibliothèque, pas d'une enceinte Bluetooth nomade. Le creux à 150 Hz fait des merveilles : tout reste lisible, la voix de Kendrick est détachée, projetée, jamais noyée. À volume soutenu, l'ensemble garde une propreté remarquable.

« Birds of a Feather », Billie Eilish. La voix est devant, charnelle, portée par le pic de présence autour de 1,5 kHz sans jamais devenir criarde. Le grave profond donne du poids aux nappes sans masquer les détails. On peut écouter fort, longtemps, sans fatigue.

« Sultans of Swing », Dire Straits. La basse de John Illsley déroule avec un naturel réjouissant, la batterie a de l'impact et de la texture, les guitares sont détachées, placées, avec cette largeur de scène que les guides d'ondes apportent vraiment.

« Instant Crush », Daft Punk ft. Julian Casablancas. Les nappes de synthés remplissent la pièce sans s'effondrer au centre, le vocoder est bien posé au-dessus du mix, et le grave synthétique descend profond sans bavure. À volume élevé, l'équilibre reste cohérent : on a cette impression de « son de salon », ample et maîtrisé.

Prix et concurrence

La Marshall Stanmore IV est affichée à 399 euros. À ce prix, elle se frotte à du beau monde, mais reste assez seule sur son positionnement exact : l'enceinte de salon au look vintage, ouverte aux sources analogiques.

  • Sonos Era 300 (environ 379 euros) : orientée multiroom Wi-Fi et Dolby Atmos, c'est une excellente enceinte, exceptionnelle avec les musiques en Dolby Atmos, mais avec une moindre saveur que la Marshall pour l'écoute stéréo.
  • JBL Authentics 300 (environ 249 euros) : la concurrente la plus directe côté rétro, avec Wi-Fi et assistants vocaux.
  • Marshall Stanmore III (environ 249 euros) : en fin de vie, c'est une bonne affaire, avec un son toutefois moins ample et un peu moins puissant.

Note finale du test (8/10)

La Marshall Stanmore IV n'est pas une simple mise à jour esthétique : elle affine une recette déjà réussie et la rapproche encore un peu plus d'une véritable enceinte de salon. Son grave est très profond et généreux, le médium bien présent, l'aigu soigneusement travaillé, et les 110 W lui donnent suffisamment de réserve pour sonoriser sans difficulté une pièce d'environ 30 m². Le tout avec une scène sonore étonnamment large pour une enceinte monobloc.

Marshall a également remis sa connectivité au goût du jour avec le Bluetooth 5.3, le LDAC, l'Auracast et le multipoint, tandis que l'application apporte une compensation de placement intéressante et un égaliseur suffisamment complet. Et puis il y a toujours ce design Marshall, ces commandes physiques et cette finition qui donnent envie de laisser l'enceinte bien en évidence dans le salon.

À 399 euros, la Stanmore IV n'est pas donnée, mais elle propose un ensemble particulièrement cohérent : du caractère, du coffre, une vraie qualité sonore et une utilisation très simple. On aurait certes aimé pouvoir la déplacer ponctuellement grâce à une batterie intégrée, mais cela reste une interrogation sur son évolution plus qu'un véritable défaut. Pour qui cherche une enceinte Bluetooth de salon capable de remplir une pièce avec style et sans compromis majeur sur le son, la Stanmore IV est une excellente proposition.

publié le , Tristan Jacquel de Frandroid

Ailleurs sur le web