Test de l'Antigravity A1 : le drone qui filme tout, pour que vous n’ayez plus à cadrer

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Insta360, pardon, Antigravity, se lance sur le marché des drones de loisir avec l'A1, le tout premier drone à filmer à 360°. Le fabricant grille ainsi la politesse à DJI et chamboule un marché innovant, mais légèrement ronronnant. Ce drone grand public offre une expérience immersive révolutionnaire qui permet de capturer des images depuis le ciel comme jamais auparavant.

Depuis près d'une décennie, le marché des drones grand public est verrouillé par un acteur quasi hégémonique : DJI. La firme chinoise a méthodiquement construit son empire sur un concept simple, mais efficace : des drones compacts, avec caméra stabilisée par gimbal, qui produisent des images d'une qualité épatante. Le Mini 5 Pro, l'Air 3S, le Mavic 4 Pro sont devenus des références pour qui aime photographier ou filmer puis le ciel.

Pourtant, ces drones partagent une limitation fondamentale : ils filment dans une direction. Chacun offre un cadrage fixe qui oblige à repositionner sa caméra pour capturer différents angles. Rien de sorcier, c'est le principe même de l'appareil photo, mais il faut décider quand et comment cadrer. En somme, le droniste est un chef opérateur, qui jongle entre trajectoire et composition, quitte à devoir multiplier les passages pour obtenir la séquence vidéo ou la photo idéale. Mais ça, c'était avant l'A1.

  • Le drone 360° Antigravity A1 // Source : Tristan Jacquel

  • L'Antigravity A1 est équipé d'un train d'atterrissage pour protéger son optique inférieure // Source : Tristan Jacquel

  • L'objectif antérieur et les capteurs optiques de détection d'obstacles inférieurs // Source : Tristan Jacquel

  • La correction dioptrique est précise et efficace // Source : Tristan Jacquel

  • Les lunettes Antigravity Vision Goggles // Source : Tristan Jacquel

  • L'écran de contrôle externe les lunettes // Source : Tristan Jacquel

  • Le motion controller Antigravity A1 // Source : Tristan Jacquel

  • L'objectif fish-eye supérieur de l'Antigravity A1 // Source : Tristan Jacquel

  • Curieusement, les batteries ne sont pas blanches // Source : Tristan Jacquel

  • Le chargeur de batteries de l'Antigravity A1 (disponibles avec les bundles Explorer et Infinity) // Source : Tristan Jacquel

  • Des déformations optiques apparaissent rapidement au moment de cadrer les photos // Source : Tristan Jacquel

Les caméras 360°, notamment celles d'Insta360, ont fissuré ce modèle et ouvert le champ de possibles. Le fabricant a démontré qu'il était possible de capturer la totalité de l'environnement en une seule prise, puis de recadrer après l'enregistrement. Avec l'Antigravity A1, il transpose son savoir-faire de l'action-cam au drone. On va le voir, ce galop d'essai relève du coup de maître.

Fiche technique

Modèle Antigravity A1
Fiche produit

Le drone de ce test nous a été fourni par le constructeur.

Un binôme de caméras fish-eye

L'Antigravity A1 joue la carte de la robe blanche, à l'opposé des drones gris clair ou anthracites de son concurrent. Pour le reste, c'est un aéronef assez conventionnel, avec ses bras repliables dotés de moteurs et d'hélices.

Première particularité, l'objectif n'est pas installé dans une nacelle sur le museau du drone, mais dans une tête à double lentille fish-eye, simplement suspendue par une paire de ressorts pour réduire les vibrations. Il n'y a donc pas de gimbal électrique pour corriger l'horizontalité du bloc optique en vol, cette compensation étant réalisée par voie logicielle au moment du montage des vidéos capturées.

La nacelle intègre également deux caméras frontales de détection d'obstacles et un bloc LED de couleur assez imposant. En le regardant de plus près, on se demande s'il n'était pas initialement prévu d'y installer un capteur Lidar pour détecter les obstacles en conditions de faible luminosité.

À l'arrière se trouve le logement de la batterie, un port microSD et une prise USB-C. Le drone est d'ailleurs équipé d'un stockage interne de 30 Go, qui évite de se retrouver le bec dans l'eau en cas d'oubli de sa carte mémoire. On note l'absence de capteurs de détection d'obstacle à l'arrière, qui s'explique par le fait que l'A1 ne vole que vers l'avant.

Sur le ventre, on trouve une bardée de capteurs optiques, pour détecter les obstacles et gérer l'atterrissage, avec une LED d'éclairage lorsqu'il fait sombre.

Détail intéressant, une étiquette indique que le drone produit seulement 75 dB de niveau sonore, là où les DJI Mini dégagent au moins 80 dB, ce qui suppose que l'A1 serait quasiment deux fois plus silencieux. On le verra plus loin, il est discret, mais il faut nuancer ces chiffres.

Enfin, le ventre de l'A1 est équipé d'un train d'atterrissage électrique, qui se déploie à l'allumage, se rétracte en vol et se déploie à nouveau avant d'atterrir. Ce train a un usage bien précis : protéger l'objectif inférieur de tout contact avec le sol, qui pourrait l'endommager. C'est un point sensible, car les optiques fish-eye sont très sensibles aux accros sur leurs verres, qui se voient comme le nez au milieu de la figure sur les images. D'ailleurs, comme pour l'Insta 360 X5 particulièrement sensible à ce phénomène, des verres de rechanges sont proposés.

Les lunettes Vision Goggles

L'Antigravity A1 se contrôle obligatoirement avec des lunettes de pilotage et une télécommande à gyroscope.

Ces lunettes, appelées Vision Goggles, sont équipées de trois écrans, deux à l'intérieur pour le pilotage et un externe circulaire. Ce dernier sert à afficher un retour vidéo de ce que voit l'utilisateur, ainsi que les informations de maintenance, par exemple la mise à jour du firmware. Une bonne idée qui permet d'ôter si besoin le casque lorsque le drone est en vol stationnaire, sans perdre de vue ce qu'il filme.

Sur le dessus, on trouve deux antennes radio et une grille d'aération, pour limiter la buée sur les écrans internes. Un petit ventilateur peut d'ailleurs être activé pour désembuer les verres.

Sur le dessous sont logées deux molettes pour ajuster l'écartement des verres internes, et corriger la dioptrie pour que l'image soit parfaitement nette, quelle que soit la vue de l'utilisateur. Se trouvent également un port USB-C de transfert de données et une prise d'alimentation.

Il n'y a pas de batterie intégrée, en toute logique pour alléger le poids des lunettes (340 g) qui sont agréables à porter. La batterie est externe et équipée d'une dragonne à passer autour du cou.

À l'intérieur, on trouve deux lentilles positionnées devant des écrans OLED d'une qualité remarquable. Chaque écran affiche une résolution de 2560 x 2560 pixels, avec un champ de vision de 90°. L'image proposée est ainsi immense.

Enfin, un lecteur microSD est intégré pour enregistrer la vidéo reçue par le casque ou bien insérer la carte du drone et revoir les films réalisés.

La télécommande Grip Motion Controller

Au lieu d'une télécommande traditionnelle à joysticks, l'Antigravity A1 utilise un Grip Motion Controller. Ce contrôleur, comparable à celui livré avec le DJI Avata 2, permet de piloter le drone par simple mouvements de la main, comme si l'on pointait un laser. Ce mode, appelé FreeMotion, rend l'expérience de vol intuitive, même pour ceux qui n'ont jamais piloté de drone auparavant. Il suffit de viser et d'appuyer sur la détente pour faire avancer le drone. Le Motion Controller est bardé de rien de moins que 10 boutons en plus de la gâchette.

On ne va pas se mentir, la prise en main nécessite un temps d'adaptation, mais le tutoriel proposé par le casque est bien fait et peut être regardé autant de fois que nécessaire.

Une image 8K à 360°

L'argument massue de l'Antigravity A1 tient en deux caractères : 8K. Mais attention, ces pixels sont répartis sur toute la sphère et au moment de recadrer pour exporter sa vidéo, la résolution finale est ramenée à 4K au maximum. De plus, l'A1 filme en 8K à 30 images par seconde au maximum et si l'on souhaite une captation 60p plus fluide, il faut se contenter d'une résolution sphérique 5,7 K.

Quel que soit le mode choisi, l'A1 permet :

  • Un recadrage totalement libre : à partir d'un seul fichier vidéo, vous pouvez extraire une séquence standard en 16:9 montrant le paysage devant vous, puis une séquence verticale (9:16) pour Instagram, et enfin une vue arrière. Tout cela sans jamais avoir eu à orienter le drone pendant le vol.
  • Une stabilisation redoutable : puisque l'image couvre 360 degrés, la stabilisation numérique (type FlowState) fonctionne à merveille. Vous pouvez tourner brutalement, l'horizon restera parfaitement verrouillé.
  • Des mouvements de caméra acrobatiques : en post-production, vous pouvez réaliser des mouvements de caméra virtuelle, des rotations, des travellings, ou des basculements de l'horizon, le tout avec une fluidité que même la meilleure nacelle mécanique ne pourrait offrir.

Le seul bémol tient à l'angle de captation ultra-large : on peut difficilement zoomer dans l'image sans perte de qualité.

Un pilotage immersif et à portée de tous

Antigravity a réussi à maintenir le poids de l'appareil sous la barre des 249 g . Ce chiffre n'est pas anodin. Il place l'A1 dans la catégorie réglementaire la plus souple (C0). Concrètement, cela signifie que vous pouvez voler presque partout (hors zones d'exclusion aérienne strictes comme les aéroports ou les sites nucléaires), et même survoler des personnes, sans avoir besoin de passer des certifications.

Cependant, le fabricant propose des batteries de haute capacité (39 minutes de vol max contre 24 minutes avec la batterie standard), plus lourdes et qui propulsent l'A1 en catégorie C1. Si vous optez pour ces batteries optionnelles, il faudra passer (et réussir) un petit examen théorique sur le site Alphatango (et par ailleurs ne plus voler juste au-dessus du public).

Premier vol

Antigravity a bien fait les choses et, pour un premier drone, l'expérience utilisateur est réussie. Enfiler les lunettes est intimidant, mais les consignes qui s'affichent ont tôt fait de rassurer le débutant. Le tutoriel d'utilisation de l'interface ou celui de la télécommande à gyroscope sont vraiment bien faits. Après 5 minutes d'apprentissage, on peut se lancer. Une double pression du pouce sur le bouton curseur et les moteurs démarrent, une pression prolongée et le drone décolle à 1m20. Le bruit de fonctionnement est effectivement modéré en vol stationnaire et encore plus discret à pleine vitesse. Un excellent point.

Idéalement, il faut attendre que l'écran affiche que la position GPS de décollage est bien enregistrée, pour permettre le retour automatique en cas de coupure de liaison radio.

Dès les premiers instants, l'immersion est tout simplement phénoménale. On peut tourner la tête dans tous les sens et voir tout autour du drone. Il y a un gros effet « whaouh ». On presse la gâchette et le drone avance, l'image affichant le pointeur du Motion Contrôler pour fixer le cap. Pendant le vol, on peut continuer à regarder partout autour du drone, qui continue à avancer dans la direction fixée. Il ne faut pas hésiter à le faire et à figer son attention sur certaines zones, car le casque enregistre des informations qui serviront ensuite au montage vidéo sur smartphone ou ordinateur.

Les assistants de vol

Pour améliorer les images facilement, l'A1 possède des routines automatiques. :

Sky Genie : D'un clic, le drone exécute des figures comme une orbite ou une montée en spirale. Ce sont un peu les mastershots de DJI, mais leur utilité n'est pas si évidente, dès lors que la plupart des mouvements créatifs peuvent être créés en post-production avec l'app ou le logiciel Antigravity. Pour l'orbite, il suffit de voler grosso-modo autour du sujet puis d'affiner la trajectoire au montage.

Sky Path : On définit des points de passage, et le drone suit cette route de manière autonome. Là encore c'est une fonction qui existe chez DJI (Waypoints) et qui permet de filmer un même trajet à différents moments de la journée, voire à différentes saisons.

Deep Track : On sélectionne une cible (voiture, personne), et le drone la suit ou essaie de la suivre. En pratique, ça rate pas mal, car il faut être très près du sujet. Mais là encore, ce tracking peut être effectué en postproduction.

Timelapse : Un classique, le drone réalise des photos à intervalles réguliers et crée automatiquement une vidéo façon stop-motion.

Transmission vidéo et portée radio

La liaison 360 OmniLink assure un retour vidéo stable lorsqu'il n'y a pas d'obstacles. La résolution vidéo entre le drone et le casque est limitée à la résolution 2K, même si l'on filme en 8K. C'est une limitation compréhensible qui évite les saccades pendant la transmission et libère de la bande passante pour transmettre les commandes de vol. En théorie, l'A1 peut communiquer avec le casque jusqu'à plusieurs kilomètres de distance. En pratique, les obstacles provoquent fréquemment des coupures de transmission, même lorsque le drone n'est qu'à 200 ou 300 mètres.

Comme toujours, cette limitation vient des normes européennes sur la puissance des ondes radio. De ce point de vue, les performances sont similaires à celles des drones DJI pilotés par casque (Avata 2 par exemple). N'imaginez pas passer derrière un gros rocher ou massif boisé, la communication coupera à coup sûr. Ce n'est pas bien grave dans la mesure où le drone entame alors automatiquement un retour au point de décollage - en s'élevant à 110 mètres d'altitude par défaut - et que la liaison radio se rétablit rapidement.

Le RTH (Return to Home) est avec la version initiale du firmware de l'A1 d'une précision toute relative. Le drone revient à bon port, mais il cherche à se poser plusieurs dizaines de centimètres trop loin. Il y a des progrès à faire sur ce point : espérons qu'un futur firmware règlera ce petit souci. Pour une précision chirurgicale, l'utilisation du tapis de décollage officiel (Landing Pad) est recommandée, car le drone peut le reconnaître visuellement et s'y verrouiller.

Lorsque le champ est libre, l'A1 peut voler jusqu'à 2-3 kilomètres sans difficulté. Son altitude de vol maximale est de 500 m, ce qui est bienvenu, mais étonnant, car la limite dans la plupart des pays européens est fixée à 120 m. Soit dit en passant, le champ ultra-large des objectifs permet de donner l'impression de filmer de très haut tout en étant relativement bas. Si le fabricant venait à brider l'altitude de vol à 120 m, cela ne serait objectivement pas gênant.

Vitesse de pointe et tenue au vent

Côté vitesse, l'Antigravity A1 peut flirter avec les 50 km/h en mode sport et 40 km/h en mode normal à l'horizontale et jusqu'à 20 km/h à la verticale. Ses performances n'ont rien à envier à un DJI Mini 5 Pro, par exemple. La résistance au vent est plutôt bonne, même si les 249 grammes restent un handicap en comparaison de drones plus lourds. Lors de mes tests sur la côte atlantique, je n'ai pas rencontré de problèmes, mais, face à un vent modéré, l'A1 ralentit un peu. Comme toujours, mieux vaut vérifier à mi-chemin s'il n'y aura pas de vent au retour pour éviter qu'il ne tombe en panne de batterie. Sur ce point, la gestion est intelligente : le retour automatique au point de départ est corrélé à la distance et au niveau de batterie.

Deux capacités de batteries

L'Antigravity A1 propose deux options de batteries. La batterie standard permet jusqu'à 24 minutes de vol, tandis que celle de haute capacité offre jusqu'à 39 minutes théoriques. Bien qu'une autonomie de 24 minutes puisse paraître limitée, la capture à 360° élimine le besoin de plusieurs passes pour obtenir le bon cadrage. On ne consulte pas la vidéo en se disant « j'aurais dû faire ça, je vais recommencer » mais « j'ai regardé à cet endroit, mais de l'autre côté c'était plus intéressant, je vais simplement recadrer plus tard ». Ceci dit, mieux vaut opter pour l'un des deux bundles où trois batteries sont fournies, au lieu d'une pour la version de base.

En tout cas, on peut se réjouir qu'une batterie haute capacité soit disponible, car c'est précisément un bémol chez DJI qui réserve ces batteries spéciales au marché extra-européen.

Si l'on excepte le pack basique qui ne contient qu'une batterie de capacité normale, l'Antigravity A1 est livré avec 3 batteries pour les packs Explorer (capacité normale) et Infinity (haute capacité) et un hub de charge rapide (PD 30 W). Le hub de chargement prend en charge une fonction appelée Power Pooling. Le système redistribue l'énergie entre les batteries connectées pour garantir qu'au moins une batterie soit toujours prête à voler.

Vidéo : l'IA pour des montages facilités

Comme avec l'Insta 360 X5, l'Antigravity A1 réussit le tour de force de filmer à 360° sans apparaître à l'image. Le processeur embarqué gomme ainsi le corps du drone, ses bras ainsi que les hélices qui tournent. Un sacré tout de force.

Côté formats vidéo, l'A1 peut filmer en 8K30p ou 5,7K60p, avec un débit de données maximum de 170 Mbps (HEVC). C'est amplement suffisant pour obtenir des vidéos exemptes du moindre artéfact de compression, puis procéder à un montage et un export de haute qualité en 4K 16:9 par exemple. Pas de mode Log, ni de HDR donc, mais, avec un iPhone, les vidéos peuvent être exportées en HDR Dolby Vision.

Antigravity a construit un écosystème logiciel complet - ou plutôt utilisé celui d'Insta360 - pour rendre l'étape du montage ludique ou automatique.

Pour le grand public, l'application mobile Antigravity intègre un module Auto Edit propulsé par l'IA . Vous sélectionnez vos clips, et l'algorithme analyse le contenu. Il repère les moments d'action, les paysages qui valent le coup, choisit les meilleurs angles de vue, applique des transitions cinématiques et cale le tout sur de la musique. C'est la promesse d'une vidéo prête à partager sur TikTok quelques minutes après l'atterrissage, sans avoir touché à un logiciel de montage complexe. On peut bien entendu sélectionner soi-même les angles de cadrage et ajuster la durée de la vidéo.

Antigravity Studio : le montage manuel ou tout auto

Pour les créateurs sur Mac et PC, le logiciel de bureau Antigravity Studio apporte une innovation majeure : l'Adaptive Keyframe. Comment ça marche ? Pendant le vol, le drone enregistre la vidéo, mais le casque enregistre aussi les mouvements de votre tête. De retour sur l'ordinateur, le logiciel peut utiliser ces données pour placer automatiquement des points clés (keyframes). Concrètement, la vidéo exportée reproduira ce que vous regardiez pendant le vol avec, bien entendu, la possibilité de dévier manuellement de ce qui est proposé. Enfin, un module d'importation directe pour Adobe Premiere Pro est proposé.

Une qualité photo acceptable

Le mode photo de l'Antigravity A1 fonctionne également à 360°. Grâce à sa capacité à capturer des images sphériques de haute définition, on peut choisir de recadrer ses photos après coup, pour créer des images adaptées à différents formats (horizontaux, verticaux, panoramiques, etc.).

Une seule prise à 360° peut être utilisée pour générer plusieurs types de photos. Ce principe, « piloter d'abord, cadrer ensuite », encourage l'expérimentation et la créativité, même si en mode photo l'image se déforme rapidement et qu'il est impératif de zoomer pour conserver une bonne géométrie. Et alors, on touche aux limites de l'utilisation d'une optique fish-eye : la définition s'écroule.

En termes de qualité pure, l'A1 reste donc en deçà de ce que propose DJI avec ses drones à optiques conventionnelles et ses plus grands capteurs. On peut exporter les photos au format RAW, mais on se retrouve alors avec une image à deux cercles qu'il est très difficile à exploiter avec les outils de développement classiques, tels que Lightroom.

Toutefois, la possibilité d'enregistrer des photos en HDR est un plus pour les réseaux sociaux.

Prix et disponibilité

L'Antigravity A1 est proposé en trois bundles :

Standard bundle, 1399 euros : l'essentiel pour débuter. Comprend le Drone A1, le casque Vision Goggles, le Grip Motion Controller, 1 batterie de vol standard, des hélices de rechange et des verres de rechange.

Explorer bundle, 1599 euros : le choix de la raison. Il ajoute 2 batteries standard supplémentaires (soit 3 au total), le Hub de charge intelligent et un sac de transport. C'est le pack recommandé pour ne pas être frustré par l'autonomie.

Infinity Bundle, 1699 euros : il remplace les batteries standard par 3 batteries haute capacité, inclut le hub de charge, le sac, ainsi qu'un lecteur de carte rapide pour transférer les rushes sans allumer le drone.

Note finale du test (8/10)

Antigravity ne se contente pas de proposer un nouveau drone ; le constructeur bouscule un marché figé depuis des années par une domination sans partage. Avec l'A1, il transpose enfin la philosophie de la caméra 360° dans les airs et change radicalement l'expérience de vol. Le stress du cadrage disparaît totalement. On se concentre désormais uniquement sur sa trajectoire, avec la certitude absolue de ne jamais rater l'action. Cette liberté, couplée à un gabarit plume de moins de 250 grammes (classe C0), rend l'appareil particulièrement attachant et ludique, et pilotable sans formation.

La grande force de l'A1 repose sur la maturité de son écosystème. Le fabricant a compris que le matériel ne suffit pas et livre une copie logicielle exemplaire. L'interface dans les lunettes, l'application mobile et le logiciel de bureau rendent le traitement des fichiers 360° accessible à tous. Transformer une sphère vidéo brute en un contenu dynamique, stabilisé et parfaitement cadré devient un jeu d'enfant. L'efficacité du tournage "tout-en-un" compense d'ailleurs largement une autonomie théorique qui pourrait sembler juste sur le papier.

Cependant, il faut garder à l'esprit la nature spécifique de cet appareil. L'Antigravity A1 ne remplace pas un drone de prise de vue conventionnel type DJI Mini ou Mavic. Son optique fish-eye impose une signature visuelle très typée "action cam". Impossible ici de compresser les perspectives, d'obtenir un flou d'arrière-plan ou de réaliser des plans serrés cinématographiques. De même, la transmission radio montre ses limites dès qu'un obstacle s'interpose, et les lentilles proéminentes demandent une vigilance de tous les instants.

Au final, l'A1 s'impose comme le "second drone" idéal. Il est au vidéaste ce que l'objectif ultra grand-angle est au photographe : un outil spécialisé, incapable de tout faire, mais irremplaçable pour créer des images immersives et spectaculaires. Si vous cherchez la rigueur d'une image classique, il vous décevra. Mais si vous souhaitez libérer votre créativité et produire des contenus verticaux ou horizontaux impossibles à réaliser autrement, c'est une réussite incontestable.

publié le , Tristan Jacquel de Frandroid

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