Keeper anticipe la menace de l’ordinateur quantique en rehaussant le blindage de vos mots de passe
Le gestionnaire de mots de passe Keeper déploie un nouveau standard de chiffrement résistant aux futurs ordinateurs quantiques. Le but : contrer les hackers qui volent des données chiffrées aujourd'hui pour les casser demain.

Aujourd'hui, les meilleurs gestionnaires de mots de passe présentent des fonctionnalités tellement similaires qu'il n'est pas si évident que cela de les départager. Mais il y a cependant un critère qui devrait s'imposer à mesure que progresse l'informatique quantique : la cryptographie post-quantique, pour sécuriser les mots de passe à très long terme.
En la matière, Keeper Security annonce avoir sauté le pas. La société, dont nous avions testé le gestionnaire de mots de passe en 2024, a déclaré le 25 février 2026 qu'elle intègre le mécanisme d'encapsulation de clés Kyber, un algorithme de chiffrement résistant à l'informatique quantique et qui a été approuvé par le NIST.
Cet Institut national américain des normes et technologies avait sélectionné Kyber dès 2022 à l'issue d'un concours pour déceler les meilleurs candidats aux futurs standards de cryptographie post-quantique. D'autres sociétés ont aussi opté pour Kyber dans une optique de sécurisation post-quantique, à l'image de la messagerie Signal et de Proton.
S'armer maintenant, en cas de menace Q-Day
Mais pourquoi s'armer dès maintenant, contre une menace future et dont l'avènement -- qu'on appelle le Q-Day -- est parfois considéré comme incertain ? Parce qu'un péril particulier plane, en raison des propriétés de calcul exceptionnelles des ordinateurs quantiques, que l'on résume par la formule : « Harvest now, Decrypt later ».
Cela veut bien dire ce que cela veut dire : « Récolter maintenant, déchiffrer plus tard ». Concrètement, les pirates interceptent et stockent en masse des communications chiffrées (mots de passe, données médicales, bancaires...) qu'ils ne peuvent pas lire tout de suite. Mais il leur suffit d'attendre que mûrisse la technologie quantique pour tout déverrouiller.
Pour empêcher cela, la tendance est donc de se mettre dès que possible au chiffrement post-quantique pour continuer de sécuriser des informations dans un monde post Q-Day. Depuis quelques années, on voit émerger des annonces semblables à celle que vient de faire Keeper Security. Même le web au sens large est en train de migrer.
Pour autant, pas question d'abandonner l'ancienne sécurité. L'approche qui est généralement observée, et que Keeper adopte en tout cas, c'est celle de l'hybridité. La plateforme superpose son chiffrement classique éprouvé (la cryptographie sur des courbes elliptiques) au mécanisme d'encapsulation de clés Kyber. Ainsi, on a une double couche de protection.
L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) est d'ailleurs extrêmement favorable à cette approche hybride pour la migration vers le chiffrement post-quantique. Pour les internautes, ce sera transparent : il n'y aura rien à faire de particulier, sinon de mettre à jour normalement ses logiciels et applications.
publié le , Julien Lausson de Numerama


