Notes, absences, dossiers : ce que des pirates affirment détenir sur des élèves et leurs profs
ZeroBytes, déjà à l'origine du piratage du fisc, affirme avoir dérobé des dizaines gigaoctets de fichiers de l'Éducation nationale. Élèves comme personnels seraient concernés.

L'été 2026 restera comme une mauvaise saison pour les données personnelles des Français. Après la Direction générale des finances publiques, c'est au tour de la rue de Grenelle de se faire pirater. Du moins, si l'on en croit ceux qui revendiquent l'avoir fait.
Il s'agit du groupe ZeroBytes, déjà derrière les intrusions visant le fisc, qui affirme avoir compromis plusieurs systèmes informatiques du ministère de l'Éducation nationale et en avoir extrait environ 43 gigaoctets de fichiers. Sa revendication a été publiée sur le réseau social X, mais comme le rapporte Le Dauphiné, le ministère n'a pas encore réagi publiquement.
Des dossiers scolaires aux comptes académiques
Les pirates déclarent détenir un trésor de guerre impressionnant, qui contiendrait selon eux les données d'environ 1,22 million d'élèves et 4,35 millions de matricules de personnels, en poste ou non, anciens agents et retraités compris.

Côté élèves, ils auraient dérobé les bases de données de l'académie de Créteil depuis 2005, avec identités, dates et lieux de naissance, adresses et responsables légaux. S'y ajouteraient des exports nationaux de 2025 et 2026 concernant collégiens et lycéens : notes, absences, orientation, dossiers disciplinaires, suivi du décrochage. Des fichiers dédiés aux élèves en difficulté figureraient aussi au lot.
Côté personnels, les pirates disent détenir les données I-Prof, le service par lequel les enseignants gèrent leur carrière, pour l'ensemble des académies. Ils revendiquent également deux répertoires de comptes, ceux de Créteil et de Versailles, soit environ 602 000 entrées avec adresses professionnelles, établissements de rattachement et empreintes de mots de passe.
Un risque d'hameçonnage bien réel
Le groupe explique être entré dans les systèmes de l'Éducation nationale par un accès VPN, et y être resté plusieurs semaines. S'il a effectivement tous ces fichiers en sa possession, le principal danger serait l'hameçonnage. Il pourrait, par exemple, viser des enseignants avec de faux messages en provenance d'un rectorat, qui paraîtraient d'autant plus crédibles qu'ils citeraient le bon établissement.
Le ministère de la rue de Grenelle n'en est pas à son premier incident cette année. En mars, le piratage d'un portail de ressources humaines avait exposé les données de 243 000 agents et stagiaires, avant une attaque touchant des élèves à la mi-avril, puis une troisième fin juillet.
Prudence est donc de mise : si vous êtes concerné, méfiez-vous des courriels qui semblent venir d'un établissement ou d'une académie. À deux semaines de la rentrée, c'est précisément ce genre de message qu'on ouvre sans réfléchir.
Source : Le Dauphiné
publié le , Maxence Glineur de Humanoid
