La particularité de ce robot humanoïde ne se voit pas, elle se touche
Une start-up italienne a présenté son Gene.01, un robot humanoïde recouvert d'une peau artificielle qui lui confère le sens du toucher. De quoi envisager, à terme, des machines capables de travailler au coude à coude avec des humains sans les mettre en danger.

Quarante ans après « Blade Runner », on cherche toujours ce qui sépare vraiment un androïde suffisamment abouti d'un être humain. Ridley Scott avait sa propre réponse : l'empathie. Mais nous n'en sommes pas là dans la réalité, la robotique moderne butant encore sur des frontières nettement plus terre à terre, comme celle du toucher. Car si nos machines voient de mieux en mieux et entendent correctement, elles ne sentent absolument rien.
C'est précisément ce que veut corriger Gene.01, un humanoïde dévoilé par Generative Bionics lors de la conférence Advancing AI d'AMD, à San Francisco. Nos confrères de CNET ont pu toucher sa « peau », qui fait penser au néoprène d'une combinaison de plongée. Sous cette couche se cache un réseau de capteurs qui permet au robot de détecter non seulement un contact, mais aussi son emplacement et avec quelle force.
Une myriade de capteurs sous la peau
En appuyant sur le bras de la machine, les visiteurs peuvent voir sur un écran voisin, représentant Gene.01, une partie s'illuminer à l'endroit exact du contact, avec une teinte d'autant plus marquée que la pression était forte. Mieux encore : le robot sait aussi quand une main s'approche de lui, et à quelle distance elle se trouve.
Pour réaliser cette prouesse, il aura fallu cacher deux technologies différentes sous cette peau. La première repose sur des capteurs chargés de relever la position précise d'un contact et la force appliquée. La seconde fait appel à des capteurs dits « temps de vol ». Ceux-ci émettent une lumière invisible et calculent la distance d'un objet d'après le temps que le rayon met à leur revenir. Ce qui permet au robot de percevoir une présence avant même que celle-ci ne le touche, ou que ses caméras ne la détectent.
Ce sens du toucher, s'il est impressionnant de le voir chez un robot, peut surtout s'avérer très utile. Une machine incapable de sentir ce qui l'entoure reste, en effet, un danger pour quiconque est à côté. C'est pourquoi les robots industriels travaillent aujourd'hui à bonne distance de leurs collègues humains. Ces capteurs pourraient ainsi permettre aux humanoïdes de partager le même espace que nous, et ce, sans provoquer de catastrophe.
Reste le plus dur pour les ingénieurs. Percevoir son environnement ne représente que la moitié du chemin : il faut encore apprendre à la machine à réagir en conséquence, un chantier sur lequel Generative Bionics travaille toujours. Rick Deckard peut donc dormir sur ses deux oreilles pour le moment.
Source : CNET
publié le , Maxence Glineur de Humanoid


