Un effet inattendu de la respiration vient d'être découvert
Une étude, menée par des chercheurs suédois, a mis en évidence un lien entre le cycle respiratoire et une variation de la taille de la pupille. Ce facteur influençant nos pupilles devra encore être étudié pour mettre en évidence ses futures applications potentielles.

Si, comme le veut le proverbe, les yeux sont le reflet de notre âme, ils traduisent aussi de notre état de santé ainsi que des facteurs extérieurs. Plus précisément, c'est la taille des pupilles qui va être influencée par de multiples facteurs.
Des scientifiques suédois du Karolinska Institutet ont mis en évidence un lien entre la dilatation de nos pupilles et la respiration. Publiée dans la revue The Journal of Physiology le 21 février 2025, cette découverte, encore à ses balbutiements, pourrait être une avancée et promet de belles applications futures.
À quoi sert la pupille en temps normal ?
Tout au long de la journée, notre exposition à la lumière varie. Le rôle de notre pupille est de contrôler la quantité de lumière qui arrive dans nos yeux, un peu comme la lentille d'un appareil photo.

Trois facteurs sont déjà connus pour avoir influencer la taille de la pupille : la quantité de lumière, la distance entre nos yeux et un objet et, enfin, des facteurs cognitifs comme l'émotion ou la concentration. Ici, cette étude met en évidence un quatrième facteur : la respiration.
Comment la respiration influence-t-elle la taille de nos pupilles ?
Pour prouver leur hypothèse, Martin Schaefer, premier auteur de l'étude et Artin Arshamian, directeur de cette étude, ont effectué 5 expériences différentes. Les expériences consistaient à regarder si la pupille variait encore de taille en cas :
- d'une respiration nasale ou buccale,
- d'une respiration rapide ou lente,
- d'une variation de l'éclairage,
- d'une variation de la distance d'un objet,
- de la réalisation simultanée de tâches visuelles.
Et les résultats le montrent : la taille de la pupille continue de varier avec la respiration dans toutes ces situations. Artin Arshamian explique dans un communiqué : « Ce mécanisme est unique en ce qu'il est cyclique, toujours présent et ne nécessite aucun stimulus externe. Étant donné que la respiration affecte l'activité cérébrale et les fonctions cognitives, la découverte peut contribuer à une meilleure compréhension de la façon dont notre vision et notre attention sont régulées. »
Il est connu depuis quelques années que lorsque la pupille est plus contractée, nous voyons mieux les détails et lorsqu'elle est plus dilatée, nous percevons mieux des objets plus difficiles à distinguer.
Les résultats de l'étude impliqueraient donc, comme l'explique Martin Schaefer, que « notre vision peut basculer entre l'optimisation pour distinguer les petits détails lorsque nous inhalons et la détection d'objets faibles lorsque nous expirons, le tout dans un seul cycle respiratoire ».
Concrètement, ces résultats auraient potentiellement une implication dans le diagnostic, voire le traitement de maladies neurologiques. Artin Arshamian illustre cet exemple avec la maladie de Parkinson, dans laquelle « l'endommagement de la fonction de la pupille est un signe précoce de la maladie ». Il affirme que, pour les futures recherches, « c'est quelque chose que nous voulons explorer à l'avenir ».
publié le , Diane Hassoun de Numerama
