Superwood : le bois compressé plus résistant que l'acier entre en production industrielle
Un nouveau matériau baptisé Superwood, développé par la start-up InventWood, promet de transformer le secteur du bâtiment. Ce bois compressé affiche des performances mécaniques supérieures à l'acier et à la fibre de carbone, tout en étant plus écologique.

La start-up américaine InventWood, issue de l'Université du Maryland aux Etats-Unis, s'apprête à lancer la production industrielle d'un matériau baptisé Superwood, un bois hautement compressé aux propriétés mécaniques comparables, voire supérieures, à celles de l'acier et de la fibre de carbone. Cette innovation, attendue pour l'été 2025, promet de bouleverser les usages dans la construction car elle offre une alternative à la fois plus durable et potentiellement moins coûteuse que les matériaux traditionnels.
Un procédé de transformation moléculaire inédit
Le Superwood est issu d'un procédé en deux étapes. D'abord, le bois ordinaire subit un traitement chimique, utilisant des produits issus de l'industrie alimentaire, qui retire en grande partie la lignine, le composant habituellement responsable de la cohésion et de la rigidité du bois. Ensuite, le matériau est soumis à une compression intense sous une température contrôlée (environ 65°C). Cette opération densifie la cellulose, le principal constituant du bois, et favorise la formation de liaisons hydrogène entre les nanocristaux de cellulose.
Selon Alex Lau, dirigeant d'InventWood, « le nanocristal de cellulose est en réalité plus résistant qu'une fibre de carbone », ce qui explique la performance exceptionnelle du matériau final1. Résultat : le Superwood devient jusqu'à quatre fois plus dense et dix fois plus résistant que le bois naturel, avec des résistances à la traction mesurées à plus de 800 MPa, soit un niveau supérieur à la plupart des aciers utilisés dans la construction.
Le Superwood affiche une résistance à la traction 50 % supérieure à celle de l'acier et un rapport résistance/poids dix fois plus élevé, tout en étant naturellement résistant à la pourriture, aux parasites et au feu (classé catégorie A). Il conserve également une esthétique naturelle, avec des teintes proches des bois tropicaux, sans ajout de colorants.
Les premières applications visées concernent les revêtements de façade, les toitures et les terrasses, avec l'ambition de produire à terme des poutres structurelles capables de remplacer l'acier dans les bâtiments. Ce choix est motivé par l'urgence environnementale : béton et acier représentent aujourd'hui 90 % de l'empreinte carbone des constructions. En misant sur un matériau biosourcé, InventWood espère contribuer à réduire significativement l'impact écologique du secteur.
Malgré des démonstrations spectaculaires - telle qu'une planche arrêtant une balle de fusil - le Superwood doit encore faire ses preuves en conditions réelles. Les premières productions seront limitées, et aucune information sur les prix n'a encore été communiquée. Seuls des tests à grande échelle permettront de vérifier la durabilité, la résistance au feu et aux intempéries, ainsi que la compétitivité économique face à la fibre de carbone, dont les coûts restent aujourd'hui bien plus élevés.
Si le pari est tenu, le Superwood pourrait aussi intéresser d'autres secteurs, comme l'automobile ou l'aéronautique, initialement envisagés par les chercheurs. Mais la priorité affichée reste la construction, où la demande en matériaux durables et performants ne cesse de croître.
Source : lebigdata
publié le , Eliane Racine de Humanoid


