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SpaceX prépare le vol inaugural de Starfall, un disque volant dédié au fret spatial

temps de lecture 6 minutesarticle partenaire 

SpaceX s'apprête à lancer la mystérieuse mission de démonstration « Starfall ». Les documents de la FAA révèlent la nature de ce projet hautement stratégique : un véhicule inédit en forme de disque plat dédié uniquement au fret spatial, conçu pour jeter les bases d'une véritable économie industrielle en orbite.

Source : Montage Numerama

C'est un sujet de discussion qui a commencé à apparaître ces jours-ci sur les espaces de discussion dédiés à SpaceX. Mission de démonstration Starfall - lancement le 23 juin, pouvait-on lire sur Reddit le 19 juin. Lancement officiel de la mission de démonstration « Project Starfall », annonçait un autre fil de conversation, dans un autre subreddit.

Mais sur les comptes X de SpaceX comme d'Elon Musk, pourtant très actifs dès qu'il s'agit d'évoquer l'actualité de l'entreprise, aucune mention de ce « projet Starfall ». Certes, une page web annonçant un décollage le 23 juin est bien présente sur le site officiel de l'entreprise américaine, mais sans grand détail sur les tenants et les aboutissants du vol.

Pour obtenir davantage d'informations, il faut en réalité se tourner plutôt vers de récents documents administratifs disponibles sur le site de la FAA (Federal Aviation Administration), l'autorité de régulation des activités aériennes et spatiales aux États-Unis. Et ceux-ci décrivent de façon précise la nature de la mission.

  • Vue de l'engin. // Source :

  • Une fusée Falcon 9 au décollage. // Source :

Un disque volant dédié uniquement au fret

En épluchant le volumineux rapport d'évaluation environnementale final mis en ligne par la FAA, on peut voir que Starfall est un véhicule dont le design rompt radicalement avec celui des capsules Dragon. En effet, il s'agit d'un véhicule de rentrée atmosphérique prenant la forme d'un cylindre circulaire tronqué, s'apparentant à un disque très plat ou à une soucoupe.

Du côté des caractéristiques, Starfall atteint un diamètre de 3,1 mètres pour une hauteur d'à peine 75 centimètres. La structure a cependant une masse à vide d'un peu plus de deux tonnes (2 100 kg). Sa soute, aux dimensions 2,5 m × 1,5 m × 0,5 m, est décrite comme pouvant accueillir jusqu'à une tonne de marchandises, pour un total de plus de trois tonnes.

Bien entendu, avec des dimensions pareilles, impossible d'envisager de transporter des individus -- la hauteur est beaucoup trop basse. On apprend aussi que la structure comprend deux parties qui se séparent après la rentrée : une plaque supérieure en aluminium de 1 400 kg et un bouclier thermique en carbone de 700 kg.

Étant très plat, l'engin n'a pas non plus de système de propulsion classique. Pour s'orienter dans le vide spatial et présenter correctement son bouclier face à l'atmosphère, il s'appuie uniquement sur un système de contrôle d'attitude alimenté par du gaz inerte comprimé (il est évoqué ici de l'azote, mais d'autres gaz pourraient être employés).

Toujours dans le document de la FAA, il est mentionné deux objectifs commerciaux et stratégiques avec ce projet Starfall :

  • La livraison terrestre ultra-rapide : on parle de permettre le transport de fret critique d'un point à un autre du globe en transitant par l'espace sur des durées de livraison extrêmement courtes.
  • L'accès à la microgravité : l'enjeu est de créer un marché commercial autonome de fabrication en orbite. Le véhicule proposera une offre de service à grande échelle combinant l'accès à la microgravité et au vide spatial, le maintien en mission et un retour sur Terre sécurisé.

Plus notable encore, le régulateur américain écrit explicitement que Starfall pourrait devenir le véritable successeur de l'ISS, mais à grande échelle. Le but ? Faire passer la production orbitale de l'expérimentation scientifique à une véritable économie industrielle. Pour maximiser sa flexibilité, la capsule a été pensée pour être lancée par n'importe quelle fusée SpaceX.

Une chorégraphie logistique entre deux océans

Pour ce vol inaugural, ce sera évidemment la Falcon 9 qui sera mobilisée -- le Starship étant encore en développement. Le premier étage utilisé sera d'ailleurs très aguerri, puisque ce sera sa 29e rotation. Le décollage est programmé pour ce mardi 23 juin à 12h43 (heure française) depuis le pas de tir SLC-40 en Floride.

Et d'ailleurs, le déroulement de la démonstration donnera lieu à une séparation géographique des opérations de récupération :

  • Dans l'océan Atlantique : après la séparation, le premier étage de la fusée viendra se poser classiquement sur le bateau-drone A Shortfall of Gravitas.
  • Dans l'océan Pacifique : la capsule Starfall, elle, entamera sa propre trajectoire de rentrée atmosphérique de l'autre côté du continent.

Il est prévu que Starfall purge l'intégralité de ses réserves de gaz comprimé en haute altitude. Cette procédure permet de rendre la capsule « passivement sûre » avant de toucher l'eau, en éliminant tout risque d'explosion ou de pollution chimique lors du contact avec l'océan. La décélération finale sera assurée par un trio de parachutes en Kevlar et nylon.

L'amerrissage doit se faire dans les eaux internationales du Pacifique, à environ 700 milles nautiques (environ 1 300 km) au large de la côte ouest américaine. Selon la FAA, il s'agit d'une zone déserte spécifiquement choisie pour éviter les sanctuaires marins et les zones économiques exclusives, où des navires peuvent se trouver.

Une balise électronique sera activée pour qu'un navire puisse repêcher le tout -- la capsule, le bouclier thermique et les parachutes, afin de ne rien laisser sur zone. Il reste à voir si SpaceX montrera cette phase. En tout cas, la société a bien prévu une retransmission en direct pour assister au moins au décollage de la fusée.

publié le , Julien Lausson de Numerama

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