Nokia : comment l’IA et les centres de données relancent l’entreprise
Célèbre pour son téléphone 3310, Nokia mise aujourd’hui sur les besoins croissants de l’IA pour donner un nouvel élan à ses activités. Un pari qui séduit les investisseurs, mais qui doit encore tenir ses promesses.

Quand on pense à Nokia, on imagine immédiatement le 3310, son téléphone portable emblématique sorti en 2000. Mais aujourd’hui, le groupe finlandais mise sur l’essor de l’intelligence artificielle pour se réinventer, grâce à ses équipements de réseaux qui relient les centres de données entre eux.
Ce virage stratégique suscite l’intérêt des investisseurs, avec une action en hausse d’environ 70 % depuis le début de l’année. Nokia compte profiter des sommes énormes que les géants de la tech investissent dans les centres de données, ces bâtiments remplis de serveurs qui font tourner l’IA.
Les réseaux optiques portent les ambitions de Nokia
Les réseaux optiques transmettent les données par fibre optique entre les centres de données et vers le cloud (les serveurs distants qui hébergent nos services en ligne). Les ventes de Nokia aux géants de l’IA et du cloud ont plus que doublé au deuxième trimestre 2026 (d’avril à juin), à 446 millions d’euros, soit un peu moins de 10 % de ses revenus. Sur la même période, son chiffre d’affaires global a progressé de 8 %, à 4,8 milliards d’euros, selon les résultats publiés par le groupe le 23 juillet.

Pour renforcer sa position, Nokia a racheté en 2025 Infinera, un spécialiste des réseaux optiques, pour environ 2,3 milliards de dollars (près de 2 milliards d’euros). En avril 2025, le groupe a aussi confié sa direction à Justin Hotard, qui dirigeait auparavant les activités de centres de données et d’intelligence artificielle d’Intel.
Cette stratégie a aussi attiré Nvidia. En octobre 2025, le fabricant de puces a annoncé un investissement d’un milliard de dollars (environ 860 millions d’euros) pour prendre environ 3 % du capital de Nokia. L’opération a fait de Nvidia le deuxième actionnaire de Nokia.
Nokia mise sur l’IA et réduit sa présence en Chine
Avec Nvidia, Nokia veut intégrer l’IA aux réseaux mobiles pour qu’ils répartissent mieux leur capacité entre les utilisateurs. Le 17 septembre, le groupe finlandais a aussi lancé une offre destinée aux opérateurs télécoms, qui associe son logiciel Nokia Data Suite à Microsoft Fabric, la plateforme de gestion et d’analyse de données de Microsoft. Elle doit permettre aux opérateurs d’utiliser des agents d’IA, des programmes capables par exemple de repérer seuls une panne sur le réseau, d’en chercher la cause et de proposer une solution.
Nokia réduit aussi sa présence en Chine, où ses ventes reculent depuis des années. Son patron, Justin Hotard, estime que le groupe y pèse moins de 3 % du marché. Le groupe va notamment fermer d’ici la fin de l’année son centre de recherche de Hangzhou, ce qui touche environ 1 600 emplois. Nokia employait encore 7 200 personnes en Grande Chine (Chine continentale, Hong Kong et Taïwan) en 2025, contre 13 700 en 2020.
Une croissance liée aux investissements des géants de la tech
La progression de Nokia dépendra aussi du rythme de construction des centres de données. Un ralentissement des dépenses des géants technologiques pourrait freiner ses ambitions, dans un secteur où la concurrence reste forte, notamment face à Ciena, un autre spécialiste des réseaux optiques.
Nokia publiera ses résultats du troisième trimestre le 22 octobre. Ils montreront si les 2,8 milliards d’euros de commandes passées au printemps par les géants de l’IA et du cloud commencent à se transformer en ventes.
publié le , Auriane Polge de Humanoid
