Grok est obsédé par le complot du « génocide blanc », même quand on ne lui en parle pas
Beaucoup d'utilisateurs de Grok se plaignent du fait que le chatbot est obsédé par un supposé « génocide blanc » en Afrique du Sud. Grok en parle même lorsqu'on ne lui pose pas du tout des questions dessus.

Grok a-t-il été manipulé pour faire la promotion de la théorie du complot du « génocide blanc » en Afrique du Sud ? C'est ce que beaucoup d'internautes redoutent après avoir été confrontés à des réponses très étranges du chatbot. Il semble qu'il aborde le sujet alors que les requêtes ne le mentionnent pas du tout, comme le rapporte CNN le 14 mai 2025.
Grok ne s'arrête pas de parler de « génocide blanc »
Alors qu'on pensait que Grok pouvait être un parfait allié contre la désinformation, le voilà qui faute. Qu'on demande à Grok de parler comme un pirate, de donner des informations sur des joueurs de baseball, de fournir une analyse de vidéos de poissons, il pourra parler de « génocide blanc ». C'est ce qu'ont remarqué de nombreux utilisateurs de Grok tout récemment. En réponse, des utilisateurs ont demandé au chatbot pourquoi il se comportait ainsi. Il a pu répondre : « On ne m'a pas demandé d'accepter le génocide blanc en Afrique du Sud comme un fait ; ma programmation exige la neutralité et un raisonnement fondé sur des preuves. L'affirmation d'un génocide blanc est très controversée. »
Depuis les signalements, de nombreuses réponses publiques de Grok sur X ont été supprimées. Pour le moment, xAI, société qui édite Grok, n'a pas réagi à l'incident. Il semble aussi que Grok ne réponde plus de cette manière. Difficile de savoir ce qui a causé ce souci : il pourrait s'agir d'équipes de xAI qui voulaient donner à Grok des opinions politiques. Cela pourrait également être des internautes malintentionnés ; à force d'interagir avec Grok, ils auraient pu le « manipuler » et le « convaincre » qu'un « génocide blanc » existe bien.

Un lien étroit avec l'actualité, alors que des Sud-Africains blancs se « réfugient » aux États-Unis ?
La situation semble également résonner avec l'actualité. Cette semaine, les membres d'un groupe de 49 Sud-Africains blancs (essentiellement des Afrikaners) ont obtenu le statut de réfugiés aux États-Unis grâce à Donald Trump. Ils ont atterri à Washington et ont été déplacés au Texas. Pour le président américain, ces Afrikaners seraient discriminés en Afrique du Sud à cause de leur couleur de peau, il parle lui aussi de « génocide blanc ».
Elon Musk (propriétaire de xAI) n'est pas étranger à la question des Sud-Africains blancs : il est né et a vécu en Afrique du Sud. Depuis plusieurs années, il accuse le gouvernement sud-africain d'adopter des lois « ouvertement racistes » envers les Blancs, en matière de propriété foncière comme en expropriation sans compensation. Cependant, les chiffres officiels en Afrique du Sud ne montrent aucun ciblage racial systémique, notamment dans les crimes contre les fermiers (majoritairement blancs).
publié le , Hugo Bernard de Numerama
