Comment des microbes terrestres pourraient survivre au pôle Sud de la Lune

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Contre toute attente, des microbes terrestres transportés par les astronautes pourraient survivre dans certaines zones de la Lune. Une découverte qui inquiète les scientifiques car cette contamination pourrait compliquer les futures recherches.

Crédits : Unsplash

Plus de cinquante ans après les dernières missions Apollo, l’être humain s’apprête à fouler de nouveau le sol lunaire. Mais les astronautes ne voyageront pas seuls. Ils emmèneront involontairement avec eux une multitude de micro-organismes venus de la Terre.

Une fois arrivés à destination, certains de ces minuscules passagers clandestins pourraient bien se montrer plus résistants que prévu. Des chercheurs de la NASA ont effectivement découvert que plusieurs microbes terrestres seraient capables de survivre dans certaines zones particulièrement protégées de la Lune.

Des microbes terrestres qui pourraient perturber les recherches

Leurs chances de survie seraient particulièrement élevées à proximité du pôle Sud, où des zones froides et plongées dans l’ombre pourraient leur offrir un refuge face aux conditions extrêmes qui règnent à la surface de notre satellite naturel.

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Les chercheurs n’affirment toutefois pas que ces microbes pourraient s’y développer ou s’y reproduire. Dans le cadre de leur étude, ils considèrent qu’un micro-organisme survit s’il reste en vie pendant au moins une journée terrestre.

Cette résistance inattendue pourrait poser problème. En contaminant certaines zones encore préservées de la Lune, les microbes terrestres risqueraient de compliquer le travail des scientifiques qui cherchent à étudier sa composition chimique originelle.

Comme le dit Andrew Needham, coauteur de l'étude, « nous devons comprendre ce qui était présent avant nous, car lorsque nous irons sur Mars pour chercher des signes de vie au-delà de notre planète, nous voudrons nous assurer qu'il ne s'agit pas d'éléments que nous avons nous-mêmes apportés ».

Des microbes plus résistants qu’on ne le pensait

Éviter complètement cette contamination terrestre relève presque de l’impossible. Même les protocoles de stérilisation les plus rigoureux ne permettent pas d’éliminer tous les micro-organismes. Certains sont capables de résister à des conditions extrêmement hostiles.

C’est notamment le cas d’Aspergillus niger, un champignon que l’on retrouve habituellement dans des environnements chauds et humides sur Terre. Il a non seulement déjà été détecté à bord de la Station spatiale internationale, mais des expériences ont également montré qu’il pouvait survivre à une exposition aux conditions régnant à l’extérieur de la station.

Au cours de leur étude, les chercheurs se sont donc intéressés à plusieurs micro-organismes connus pour avoir été retrouvés lors de missions spatiales. Ils ont notamment étudié leur résistance à la chaleur et aux rayons ultraviolets afin d’évaluer leurs chances de survie.

Outre Aspergillus niger, ils ont étudié Bacillus subtilis, Staphylococcus aureus, Deinococcus radiodurans ainsi que plusieurs espèces du genre Fusarium. Ils ont ensuite simulé les conditions rencontrées dans trois régions du pôle Sud lunaire à partir de données collectées sur le relief, les températures et les rayonnements.

Un problème qui pourrait devenir une opportunité scientifique

Aspergillus niger s’est révélé particulièrement résistant aux ultraviolets et pourrait même supporter une exposition limitée à la lumière du Soleil. Il pourrait donc survivre sur la Lune, mais pas y prospérer, les conditions lunaires ne permettant notamment pas la présence d’eau liquide.

Cette contamination représente donc un véritable paradoxe pour les scientifiques. Si la présence de microbes terrestres risque de perturber l’étude de zones lunaires encore préservées, elle pourrait aussi transformer la Lune en laboratoire naturel.

Les chercheurs pourraient donc surveiller étroitement certaines régions ombragées du pôle Sud afin d’étudier les limites de la survie microbienne dans cet environnement. Les conclusions de ces travaux seraient d’autant plus importantes que l’humanité se prépare à explorer d’autres mondes.

Source : Science Advances

publié le , Auriane Polge de Humanoid

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