Windows 95 trichait pour redémarrer plus vite, Microsoft explique comment (et c’est brillant)

temps de lecture 3 minutes

Vous pensiez tout connaître de Windows 95 après avoir passé des heures à déminer ou à dessiner sur Paint ? Détrompez-vous, le célèbre système d'exploitation cachait une fonctionnalité bien pratique que beaucoup ont ratée. Un ingénieur de Microsoft vient enfin d'expliquer la mécanique de ce « code de triche » oublié.

Crédits : Unsplash

Il aura fallu attendre trente ans pour que certains d'entre nous découvrent une astuce qui aurait pu nous faire gagner un temps précieux à l'époque des modems 56k. Il s'avère qu'en maintenant la touche Maj (Shift) enfoncée au moment de sélectionner « Redémarrer », Windows 95 lançait un « redémarrage rapide ». Au lieu de subir le long cycle complet de reboot, l'utilisateur voyait s'afficher « Windows redémarre » et retrouvait son bureau presque instantanément. C'est le genre de détail qu'on regrette amèrement de ne pas avoir connu plus tôt.

Que vous ayez fait partie des initiés ou non, cette fonctionnalité repose sur une ingénierie fascinante pour l'époque. Raymond Chen, développeur chez Microsoft, a pris le temps de décortiquer le fonctionnement de cette mécanique sur son blog The Old New Thing. C'est une plongée technique passionnante qui montre comment les développeurs de l'époque rivalisaient d'ingéniosité pour implémenter des fonctionnalités avancées avec les contraintes matérielles des années 90.

Une mécanique complexe sous le capot

Pour réaliser ce tour de passe-passe, tout commençait lorsque l'utilisateur activait la combinaison magique avec la touche Maj. Le système envoyait alors un indicateur spécifique, appelé EW_RESTARTWINDOWS, à une fonction de sortie 16-bits. C'est là que les choses sérieuses débutaient. Le noyau 16-bits de Windows s'arrêtait, suivi par le gestionnaire de mémoire virtuelle 32-bits. Le processeur, lui, était repassé en « mode réel ». Une fois ce nettoyage effectué, le contrôle était rendu au fichier exécutable win.com avec un signal bien particulier lui demandant, en substance : « Peux-tu relancer Windows en mode protégé pour moi ? ».

Crédits : Unsplash

Le code contenu dans win.com prenait alors le relais. Il affichait le fameux message « Veuillez patienter pendant le redémarrage de Windows... » et tentait de restaurer le système dans l'état exact où il se trouvait juste après son lancement initial. C'était une manière astucieuse de contourner le redémarrage matériel complet (le cold boot), beaucoup plus lent et laborieux.

Cependant, cette mécanique de précision n'était pas infaillible. Pour fonctionner, win.com devait réserver un gros bloc de mémoire spécifique afin de remettre Windows sur pied. Le problème survenait si une autre application avait eu la mauvaise idée d'accaparer cette même zone mémoire pour ses propres besoins. Dans ce cas de figure, le redémarrage rapide échouait. Mais le système était prévu pour ne pas planter : si win.com ne pouvait pas faire son travail, il ordonnait au PC d'effectuer un redémarrage classique, plus lent mais plus sûr.

publié le , William Zimmer de Humanoid

Ailleurs sur le web