Votre TV UHD n'est pas 4K, on vous explique la différence
Depuis plus d'une décennie, le logo 4K trône fièrement sur les cartons de nos nouveaux téléviseurs. Pourtant, la grande majorité des écrans vendus dans le commerce sous cette appellation ne méritent pas tout à fait ce titre. Derrière cette petite ruse marketing se cache une différence technique bien précise entre le monde du cinéma et nos salons.

Quand on se balade dans les rayons d'un magasin d'électronique, les étiquettes se multiplient et ont tendance à s'emmêler. Les fabricants utilisent allègrement les termes « 4K », « UHD » ou encore l'hybride « 4K UHD » pour désigner des dalles censées afficher quatre fois plus de pixels que la bonne vieille haute définition (1080p). On achète donc ces écrans en pensant profiter de la définition maximale disponible sur le marché.
La réalité s'avère un peu plus nuancée. À l'origine, la technologie 4K a été conçue pour la projection numérique dans les salles obscures, avec une définition très précise de 4 096 x 2 160 pixels. Lorsque cette norme a dû franchir le pas de notre porte, les industriels ont introduit la spécification « Ultra HD » (UHD), qui propose une définition de 3 840 x 2 160 pixels. Le compte n'y est pas : il manque très exactement 256 pixels en largeur pour atteindre la véritable 4K. Pour simplifier la communication auprès du grand public, les marques ont simplement décidé d'arrondir les angles et d'utiliser ces termes de manière interchangeable pour tout écran atteignant les 2 160 pixels de haut.
Le format cinéma face au standard de nos salons
Le nombre de pixels n'est pas la seule variable qui sépare ces deux mondes. La vraie 4K adopte un ratio d'image plus large, souvent noté 17:9. De son côté, l'UHD grand public reste fidèle au format 16:9, devenu le standard absolu pour nos consoles de jeu, nos box internet et nos services de streaming. Concrètement, la définition cinématographique est environ 6,7 % plus large que celle de nos téléviseurs. Par conséquent, un film monté nativement en 4 096 x 2 160 pixels devra inévitablement être rogné ou mis à l'échelle pour rentrer dans les clous de l'Ultra HD.

Faut-il se sentir floué pour autant ? Pas vraiment. S'il est vrai qu'une définition supérieure offre une toile de fond un poil plus vaste, utile pour les créateurs ayant besoin d'affiner la netteté ou de retravailler l'image pour différents supports de diffusion, l'œil humain ne s'en rendra pas compte depuis le canapé. Les 256 petits points de données absents sur les bords de votre dalle ne transforment pas radicalement l'expérience de visionnage.
Finalement, la qualité d'un téléviseur ne se résume pas à un simple calcul arithmétique. Les véritables critères de choix reposent sur l'ingénierie embarquée. Le système de rétroéclairage, la puissance du processeur, le taux de rafraîchissement ou encore la maîtrise du HDR constituent les vrais piliers d'une bonne image. Un écran UHD de milieu de gamme bien calibré offrira toujours un meilleur rendu visuel qu'une dalle affichant une définition cinéma pure, mais dotée de composants médiocres. L'industrie de la tech s'accommode finalement très bien de cette approximation linguistique.
publié le , William Zimmer de Humanoid
