À Singapour, des cafards cyborgs se préparent à envahir les canalisations
À Singapour, des chercheurs de l'Université technologique de Nanyang développent des cafards cyborgs capables d'explorer des zones sinistrées ou des infrastructures souterraines. Équipés de capteurs, de caméras et de dispositifs de guidage à distance, ces insectes pourraient bientôt être utilisés bien au-delà des opérations de secours.

Dans un laboratoire de l'ouest de Singapour, les héros du futur ne portent ni casque ni cape, mais une carapace brune et un sac à dos électronique. Des blattes sifflantes de Madagascar, bricolées depuis plus de dix ans par les chercheurs de l'Université technologique de Nanyang, ont d'abord été pensées pour retrouver des survivants dans les décombres, notamment après le séisme meurtrier qui a frappé le Myanmar en mars 2025. Désormais, leur créateur, le professeur Hirotaka Sato, titulaire de la chaire de génie mécanique et aérospatial, veut les envoyer inspecter des infrastructures, rapporte le Financial Times.
Des insectes pilotés à distance
Avant de transformer des cafards en agents de terrain, Hirotaka Sato s'était déjà fait la main sur des coléoptères, qu'il était parvenu à piloter en vol grâce à des dispositifs embarqués dès 2009, une prouesse qui lui a valu une place dans le Livre Guinness des records 6 ans plus tard.
Si l'implantation de sondes électriques dans les muscles des insectes avait suffi à mener l'expérience à bien, à présent, une mini-charrette, une batterie, une lampe torche et une caméra équipent chaque cafard cyborg. Un circuit imprimé fixé sur le dos des blattoptères envoie de faibles signaux électriques à leur système nerveux pour les faire bifurquer à distance.
Des débouchés militaires
Ces cafards cyborgs sont conçus pour s'enfoncer dans des kilomètres de tuyaux souterrains et en rapporter des images de fuites ou de dégradations. Service rendu, leur retraite est prévue dans un bocal, nourris à la laitue fraîche jusqu'à la fin de leurs jours.
La course aux blattes du futur ne se joue pas qu'à Singapour. En Allemagne, la start-up Swarm Biotactics travaille elle aussi sur des cafards équipés de mini-sacs à dos truffés de capteurs et de systèmes de communication, pensés non plus pour le secours, mais pour la reconnaissance militaire. Comme quoi, même les pires créatures de nos recoins finissent par trouver leur place dans les stratégies de défense.
publié le , Eitanite Bellaiche de Numerama
